MODEM SAINT-CHAMAS
" Nos deux passions: La Vérité et le Droit
"
Samedi 5 septembre, La Grande Motte, un moment magique riche et une ovation méritée à ce journaliste
au verbe acerbe : Jean-François KAHN.
En une petite heure, il dresse une liste non exhaustive de comportements politiques, de petites
phrases prétentieuses et avec un talent rare, il apporte cette touche très personnelle du regard libre du journaliste.
Sans vouloir plagier ni copier le Maître, il éveille en nous ce même sentiment que certains actes,
certains comportements, certaines phrases lancés à la postérité du souvenir, disposent de cette faculté de mettre en colère.
Alors et avec humilité, nous dresserons ça et là quelques colères justifiées.
En premier lieu, nous sommes étonnés des devenirs des démocraties locales. Et c’est bien au pluriel
que nous conjuguons ces constats.
A l’approche de la réforme des collectivités territoriales, il nous apparaît important de présenter
non pas les bienfaits de la décentralisation mais la perversité des pouvoirs engendrés par cette volonté initiale de démocratisation de la vie locale.
Car la démocratie locale n’est qu’un mythe que l’on ne pratique que dans de très rares collectivités
qui ne servent pas de modèles mais d’épouvantail.
La démocratie locale est le plus souvent un moyen de s’essuyer les pieds sur le droit commun.
Alors, et malgré le respect du travail de certains
élus, il faut ramener le département dans des pratiques saines. Les aides aux communes versées en fonction des investissements sont certes une manne providentielle pour les élus, mais servent
aussi à attiser le feu nourri des lobbies politiques.
J’ai toujours pensé que les élections cantonales se gagnaient en embrassant les bébés et les personnes âgées. Mais en ces temps de psychose grippale, il n’est peut-être pas de bon ton de
contaminer l’électorat.
Le département ne devrait disposer d’une légitimité que dans les compétences transférées par les
lois de décentralisation. Si les taxes additionnelles aux taxes locales apportent trop de finances, libre au département de baisser leurs taux mais voilà, le discours d’un désengagement de l’Etat
n’aurait plus le même retentissement. Pour faire hurler le peuple, on augmente les taxes pour un mobile essentiellement politique.
Par ces financements, c’est une tutelle des communes qui est effectuée même si cela ressemble à de la présence sur le terrain : « ces travaux ont été financés par le Conseil Général ». Dans la réalité, ces travaux ont été réalisés par nos impôts.
Les communautés de communes et d’agglomération se comportent de la même manière avec pourtant une récente existence. Là, les élus se « remplissent » d’indemnités supplémentaires hors de toutes logiques de cumul de mandats. Les méthodes y sont les mêmes, les lobbies cumulards y sont encore plus puissants.
Et les communes ? Elles offrent un panel de modèles démocratiques à faire pleurer. On y
retrouve la théorie du chef incontesté qui a oublié que le Maire et les Adjoints sont les exécutifs du Conseil Municipal. Chacun y va de son plan, de sa stratégie avec toute l’artillerie
nécessaire. La Politique locale, c’est une bataille rangée où les élus en place disposent de plus de canons et de soldats.
On laisse les deniers publics financer et grandir les dauphins potentiels. Celui qui est dans le
sérail est largement récompensé. Celui qui s’en écarte est proprement harcelé dans sa vie publique et privée.
La communication des élus, c’est un peu comme la loi Hadopi, des péages sur les autoroutes du
cyber-espace. Ils considèrent que la sainte parole est de leur chapelle et ils vilipendent le débat démocratique comme un désert sans vie. Les lois de transparence, les propos dit en conseils
municipaux, ils n’en n’ont cure. Seul compte le choix du prince régnant.
Mais j’en veux surtout à PLATON !
Non pas que ce philosophe m’ennui, bien au contraire, mais parce qu’il a ouvert une voie propre aux politiques quand il écrit : « Si donc il appartient à quelqu'un de mentir, c'est aux gouverneurs de la cité, pour tromper les ennemis ou les citoyens, quand l'intérêt de l'État l'exige. Aucun autre n'a le droit de toucher à une chose aussi délicate. »
Le mensonge politique est le plus grand irrespect du citoyen dans la démocratie. Il fait gagner les batailles en exterminant les idéaux qu’une cité est avant tout un ensemble de femmes et d’hommes de bonne volonté qui travaillent dans l’intérêt de la communauté et qui laisse un temps le manteau de l’individualisme inhérent à toute ambition.
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